Aller au contenu
Fiscalité

Impôt sur les sociétés au Maroc en 2026 : taux, calcul et cotisation minimale

Nouveaux taux de l'IS en 2026, fin de la période transitoire, calcul pas à pas, acomptes provisionnels et cotisation minimale : le guide clair pour les PME.

SCPar l'équipe Stared Compta Mis à jour le 7 min de lecture

En 2026, l’impôt sur les sociétés (IS) au Maroc est de 20 % pour la très grande majorité des entreprises : ce taux unique s’applique à tout bénéfice net inférieur à 100 millions de dirhams. C’est la dernière étape de la réforme engagée par la loi de finances 2023, qui fait disparaître les anciens taux de 17,5 % et 22,75 %. Voici les taux, la méthode de calcul, la cotisation minimale et les acomptes, avec des exemples chiffrés.

L'essentiel en bref

  • Taux 2026 : 20 % jusqu’à 100 millions de dirhams de bénéfice net, 35 % au-delà, 40 % pour les banques et les assurances.
  • Le taux s’applique à la totalité du bénéfice : 250 000 DH de bénéfice donnent 50 000 DH d’IS, sans calcul par tranches.
  • Bénéfice d’au moins 1 million de dirhams : contribution sociale de solidarité de 1,5 % à 5 % en plus de l’IS.
  • Même en déficit, la société paie la cotisation minimale (0,25 % du chiffre d’affaires, 3 000 DH au minimum), sauf pendant ses 36 premiers mois d’exploitation.
  • Dividendes distribués en 2026 : retenue à la source de 11,25 %.

Les taux de l’IS au Maroc en 2026

La loi de finances 2023 a programmé, sur quatre exercices (2023 à 2026), la convergence des taux de l’IS. Les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2026 bénéficient des taux cibles :

Bénéfice netTaux 2025Taux 2026
Jusqu’à 300 000 DH17,5 %20 %
De 300 001 à 1 000 000 DH20 %20 %
Plus de 1 000 000 DH et moins de 100 millions de DH22,75 %20 %
100 millions de DH et plus34 %35 %
Établissements de crédit, assurances, Bank Al-Maghrib, CDG39,25 %40 %

Pour une PME, l’effet dépend de sa taille : les petites sociétés (bénéfice jusqu’à 300 000 DH) voient leur taux augmenter de 2,5 points, celles qui dépassent un million de dirhams gagnent 2,75 points, et rien ne change entre les deux.

Le taux de 35 % vise les très grandes entreprises. Certaines en sont exclues (sociétés de services ayant le statut Casablanca Finance City, sociétés installées en zones d’accélération industrielle, grands investissements conventionnés avec l’État), et une société qui a franchi le seuil ne redescend pas automatiquement à 20 % si son bénéfice diminue.

L’exercice 2025, déclaré au plus tard le 31 mars 2026, reste soumis aux taux 2025. Les taux 2026 s’appliquent au bénéfice de l’exercice 2026, déclaré en 2027, ainsi qu’aux acomptes versés tout au long de 2026.

Un taux proportionnel, pas un barème progressif

C’est l’erreur la plus répandue, y compris sur des sites spécialisés : l’IS marocain ne se calcule pas par tranches comme l’impôt sur le revenu. Le taux qui correspond au montant du bénéfice s’applique à la totalité de ce bénéfice. Les exemples de la note circulaire n° 733 de la DGI, qui commente la loi de finances 2023, procèdent ainsi : un bénéfice de 500 000 DH est directement multiplié par 20 %.

La différence n’a rien de théorique. Prenons un bénéfice 2025 de 400 000 DH, déclaré en mars 2026 :

  • Bon calcul (proportionnel) : 400 000 × 20 % = 80 000 DH.
  • Calcul erroné (par tranches) : 300 000 × 17,5 % + 100 000 × 20 % = 72 500 DH, soit 7 500 DH d’impôt manquant, réclamés avec pénalités en cas de contrôle.

Ce mode de calcul crée des effets de seuil : en 2025, un bénéfice de 300 000 DH supportait 52 500 DH d’IS, contre 60 000,20 DH pour un bénéfice de 300 001 DH. En 2026, avec un taux unique jusqu’à 100 millions de dirhams, ces effets disparaissent pour les PME.

Calculer l’IS en 2026 : exemples chiffrés

Le calcul se fait en trois temps : déterminer le bénéfice fiscal, lui appliquer le taux, puis comparer le résultat à la cotisation minimale (voir plus bas).

Exemple 1 : une SARL qui dégage 250 000 DH de bénéfice

IS 2026 = 250 000 × 20 % = 50 000 DH. Avec les taux 2025, la même société aurait payé 250 000 × 17,5 % = 43 750 DH, soit 6 250 DH de moins.

Exemple 2 : une société qui dégage 1 500 000 DH de bénéfice

IS 2026 = 1 500 000 × 20 % = 300 000 DH. Le bénéfice dépassant 1 million de dirhams, la société doit aussi la contribution sociale de solidarité au taux de 1,5 % : 1 500 000 × 1,5 % = 22 500 DH. Charge totale : 322 500 DH, contre 363 750 DH avec les taux 2025 (341 250 DH d’IS à 22,75 % et la même contribution).

Le tableau suivant compare l’IS seul, hors contribution de solidarité :

Bénéfice netIS 2025IS 2026Écart
250 000 DH43 750 DH50 000 DH+ 6 250 DH
800 000 DH160 000 DH160 000 DH0 DH
1 500 000 DH341 250 DH300 000 DH− 41 250 DH

La contribution sociale de solidarité sur les bénéfices

Prorogée pour les années 2026 à 2028, elle concerne les sociétés dont le bénéfice net atteint 1 million de dirhams. Comme l’IS, elle s’applique à la totalité du bénéfice, à un taux unique selon la tranche atteinte :

  • 1,5 % de 1 million à moins de 5 millions de dirhams ;
  • 2,5 % de 5 millions à moins de 10 millions ;
  • 3,5 % de 10 millions à moins de 40 millions ;
  • 5 % à partir de 40 millions.

Elle se déclare et se paie avec le solde de l’IS, dans les trois mois qui suivent la clôture. Pour tester vos propres chiffres, utilisez notre simulateur d’impôt sur les sociétés 2026.

Du résultat comptable au résultat fiscal

L’IS ne s’applique pas directement au bénéfice qui figure dans vos comptes, mais au résultat fiscal, obtenu en corrigeant le résultat comptable :

Résultat fiscal = résultat comptable + réintégrations − déductions − déficits antérieurs reportables.

Les réintégrations les plus fréquentes

  • l’IS lui-même et la contribution de solidarité, lorsqu’ils ont été comptabilisés en charges ;
  • les amendes, pénalités et majorations de toute nature (retards fiscaux, infractions routières…) ;
  • les achats et prestations non justifiés par une facture régulière ;
  • les dépenses réglées en espèces au-delà de 5 000 DH par jour et par fournisseur, ou de 50 000 DH par mois et par fournisseur ;
  • la part d’amortissement des voitures de tourisme au-delà de 400 000 DH TTC par véhicule ;
  • les dépenses à caractère de libéralité et les charges personnelles des associés.

Les déductions et le report des déficits

À l’inverse, certains produits comptabilisés sont retirés de la base, par exemple les dividendes reçus d’autres sociétés soumises à l’IS, ou les reprises de provisions qui avaient été réintégrées. Un déficit peut être imputé sur les bénéfices des quatre exercices suivants ; la part du déficit qui correspond à des amortissements reste reportable sans limite de durée.

Une comptabilité tenue régulièrement, avec des pièces justificatives complètes, est ce qui limite le plus les réintégrations et les mauvaises surprises. C’est tout l’enjeu d’une bonne tenue de comptabilité.

La cotisation minimale : l’impôt plancher

La cotisation minimale est un minimum d’imposition dû même en l’absence de bénéfice. Chaque année, la société paie le plus élevé des deux montants : l’IS calculé sur le résultat fiscal ou la cotisation minimale.

  • Base : le chiffre d’affaires hors TVA, augmenté des autres produits d’exploitation, des produits financiers et des subventions reçues.
  • Taux : 0,25 % en règle générale ; 0,15 % pour les ventes de certains produits (produits pétroliers, gaz, beurre, huile, sucre, farine, eau, électricité, médicaments).
  • Minimum : 3 000 DH par exercice, même sans chiffre d’affaires.
  • Exonération : pendant les 36 premiers mois suivant le début de l’exploitation, dans la limite de 60 mois après la constitution de la société.

Exemple

Une SARL réalise 1 800 000 DH de chiffre d’affaires hors taxe et un bénéfice fiscal de 15 000 DH :

  • IS : 15 000 × 20 % = 3 000 DH ;
  • cotisation minimale : 1 800 000 × 0,25 % = 4 500 DH ;
  • impôt dû : le plus élevé des deux, soit 4 500 DH.

Déficitaire, la même société paierait aussi 4 500 DH. Avec un chiffre d’affaires de 600 000 DH, la cotisation calculée (1 500 DH) serait portée au minimum de 3 000 DH. Pour une société soumise à l’IS, l’excédent de cotisation minimale sur l’IS reste acquis au Trésor : il n’est pas récupérable sur les exercices suivants.

Notez la date de fin de vos 36 mois d’exonération : c’est souvent l’exercice où la cotisation minimale apparaît pour la première fois, parfois alors que l’activité est encore déficitaire.

Acomptes, déclaration et paiement de l’IS

L’IS se paie par avance, en quatre acomptes provisionnels égaux chacun à 25 % de l’impôt (ou de la cotisation minimale) du dernier exercice clos, dit « exercice de référence ». Pour un exercice civil, ils sont dus avant le 31 mars, le 30 juin, le 30 septembre et le 31 décembre.

  • Acomptes 2026 : ils sont calculés en appliquant les taux 2026 au bénéfice de l’exercice de référence. Une société qui a déclaré 250 000 DH de bénéfice pour 2025 verse donc quatre acomptes de 12 500 DH (250 000 × 20 % ÷ 4), et non de 10 937,50 DH.
  • Première année : une société nouvelle ne verse pas d’acompte pendant son premier exercice. Pensez-y dans votre prévisionnel si vous êtes en train de créer votre SARL : l’impôt de la première année se paie en une fois, à la déclaration.
  • Minimum de 3 000 DH : lorsque l’impôt de référence correspond à ce minimum de cotisation, il se paie en un seul versement avant la fin du troisième mois de l’exercice.
  • Dispense : si les acomptes déjà versés couvrent l’impôt attendu, la société peut cesser les versements en déposant une déclaration au moins 15 jours avant l’échéance suivante. Si l’impôt final dépasse de plus de 10 % les acomptes versés, des pénalités s’appliquent aux acomptes non payés.

Dans les trois mois qui suivent la clôture (au plus tard le 31 mars pour un exercice civil), la société dépose sa déclaration du résultat fiscal avec la liasse et paie le solde. Si les acomptes dépassent l’impôt dû, l’excédent s’impute sur les acomptes suivants. Toutes les dates sont regroupées dans notre calendrier fiscal 2026.

Dividendes : la retenue à la source de 11,25 %

Une fois l’IS payé, le bénéfice peut être distribué aux associés. Les dividendes supportent alors une retenue à la source dont le taux dépend de la date de distribution :

  • 12,5 % pour les distributions effectuées en 2025 ;
  • 11,25 % pour les distributions effectuées en 2026 ;
  • 10 % pour les distributions effectuées à partir du 1er janvier 2027.

Pour un associé personne physique résidente, cette retenue est libératoire : il n’a rien d’autre à payer sur ces dividendes. La société verse la retenue dans le mois qui suit la distribution et dépose la déclaration des dividendes avant le 1er avril de l’année suivante.

Exemple complet

Une SARL qui distribue en 2026 un montant de 200 000 DH prélevé sur ses bénéfices antérieurs retient 200 000 × 11,25 % = 22 500 DH ; les associés perçoivent 177 500 DH. Si cette même SARL réalise 250 000 DH de bénéfice en 2026, elle paiera 50 000 DH d’IS ; les 200 000 DH restants, distribués en 2027 après l’approbation des comptes, supporteront 10 % de retenue, soit 20 000 DH. L’imposition totale atteindra alors 70 000 DH, soit 28 % du bénéfice.

La distribution se décide en assemblée générale, après approbation des comptes et dotation éventuelle de la réserve légale ; le procès-verbal fait partie du suivi juridique annuel. Et si vous hésitez encore sur la forme de votre société, notre comparatif SARL ou SARL AU vous aidera à choisir.

Questions fréquentes

Quel est le taux de l’impôt sur les sociétés au Maroc en 2026 ?

20 % pour les sociétés dont le bénéfice net est inférieur à 100 millions de dirhams, c’est-à-dire la quasi-totalité des PME. Le taux est de 35 % à partir de 100 millions de dirhams de bénéfice et de 40 % pour les établissements de crédit, les assurances, Bank Al-Maghrib et la CDG.

L’IS au Maroc est-il calculé par tranches comme l’IR ?

Non. L’IS est proportionnel : le taux qui correspond au montant du bénéfice s’applique à la totalité de ce bénéfice. Pour l’exercice 2025, une société qui a gagné 400 000 DH doit 80 000 DH (20 %), et non un montant calculé tranche par tranche.

Une société déficitaire paie-t-elle un impôt ?

Oui, la cotisation minimale : 0,25 % du chiffre d’affaires hors taxe et des produits assimilés, avec un minimum de 3 000 DH par exercice. Elle n’est pas due pendant les 36 premiers mois d’exploitation, dans la limite de 60 mois après la constitution.

Faut-il payer des acomptes d’IS la première année ?

Non. Faute d’exercice de référence, une société nouvelle ne verse pas d’acompte pendant son premier exercice. Elle paie l’impôt de ce premier exercice lors du dépôt de sa déclaration, puis commence à verser des acomptes l’année suivante.

Quand déclarer et payer l’IS ?

Dans les trois mois qui suivent la clôture de l’exercice, soit au plus tard le 31 mars pour un exercice clos le 31 décembre. Le solde de l’impôt, après déduction des acomptes déjà versés, se paie dans le même délai, avec la contribution sociale de solidarité si elle est due.

Quel est le taux de retenue à la source sur les dividendes en 2026 ?

11,25 % pour les dividendes distribués entre le 1er janvier et le 31 décembre 2026, contre 12,5 % en 2025. Le taux passera à 10 % pour les distributions effectuées à partir du 1er janvier 2027. C’est la date de distribution qui compte, pas l’exercice d’origine du bénéfice.

Sources et références

Ce guide est fourni à titre informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les montants et taux cités correspondent à la réglementation en vigueur à la date de mise à jour.

Parlons de votre projet. Le premier échange est offert.

Expliquez-nous votre situation en deux minutes : nous revenons vers vous dans la journée avec une proposition claire et un devis détaillé.

+212 6 56 43 82 33Résidence Nkhila, TémaraLundi – Vendredi · 09:00 – 18:00
Appeler WhatsApp Devis